Intrigue, Jupons & Duellisme

Image
Avatar de l’utilisateur
Conscience universelle
Administrateur du site
Messages : 99

Intrigue, Jupons & Duellisme

Message#1 » 07 Jan 2018, 08:53


Melean Rougemont appréhendait cette soirée. Cela faisait des semaines qu'il avait "trahit" la noblesse francaise même s'il ne le voyait pas de cette manière. Beaucoup ne comprenaient pas ce qu'il faisait à aller se mêler à la bourgeoisie et à la roturerie. Il avait fait partie des noms cités dans les journaux et participants aux assemblées de cette fameuse révolution et cela depuis l'événement du théâtre du jeu de paume. Deux cinquième des gens présents auraient envie de lui cracher au visage et il savait que cela n'allait pas s'arranger avec le temps. Mais il devait participer à ces bals nobles et ces soirées dans les riches jardins de versaille. Il devait convaincre les plus opposés à la négociation. Et espérait même un jour prochain arriver à convaincre les plus proches conseillés du roi pour qu'ils plaident à la monarchie constitutionnelle.

Et c'est pour cela qu'il vint se présenter avec un masque de bal sur le visage. Malgré le fait qu'il était dans la force de l'âge, il avait mis une perruque blanche coiffée d'une tresse assez courte liée par un ruban de soie bleu. Il portait une redingote de velours blanche et un pantalon moulant de toile épaisse arrivant jusqu'au genoux, la suite étant reprise par des bas blancs, comme le voulait l'époque. Et des chaussures noires assez simple. Tout ce qu'on pouvait voir de son visage était ses yeux bleus et sa mâchoire aux angles effacés. Sa peau était saupoudrée de la fameuse poudre blanche parfumée. Et il s'aidait à la marche d'une canne. Même si cette canne ne lui servait à rien, si ce n'est d’Apparat. Un bâton d'ébène orné d'une tête d'animal en argent : Un cerf, symbole de la sagesse et de la détermination.

On ne tarda pas à lui offrir un verre et il le prit, allant ici et là, cherchant à se faire une liste dans la tête, reconnaissant bien du monde en cette soirée.


Pénélope est en présence de quelques-unes de ses amies, avec qui elle échange de sujets divers, des dernières nouveautés concernant telle ou telle camarade. Cela fait un moment qu'elle n'a pas vu certains de ses proches, aussi la jeune femme profite de l'occasion pour s'enquérir de l'état de ses différentes relations. Souriante, pas vraiment dérangée par l'inconfort de sa tenue (du moins, en apparence), en raison de sa silhouette qui faisait bien des jalouses et de l'intensité de sa musculature, travaillée par le biais d'entraînements rigoureux dont on ne parlait pas vraiment ici. Elle évolue sans pression, de groupes en groupes, et réajuste par moment sa capeline, ornementée de plumes de paon. Quel plaisir cela lui fait que d'être en présence de convives chers à son coeur... Même si, parmi le groupe de personnes en présence, il y a des personnes inconnues. C'est alors l'occasion de faire des rencontres, ou pas, rien n'oblige, rien ne presse pour l'instant... Même si... Même s'il y a quelques figures inconnues qui ne semblent pas dépourvue de charme, ou d'intérêt. Malheureusement, l'une d'entre-elles est masquée, et se trouve loin d'elle. Elle ne lui a cependant pas échappé : Pénélope a un regard d'aigle... Oh la belle stature, oh la belle canne. Enfin, reste à voir tout l'ensemble. Mais, plus tard, plus tard, d'abord, observer...

Les autres yeux... Les autres yeux qui s'interrogent, aussi. Qui cherchent à comprendre qui est cet energumène indéchiffrable. Mais... Pourquoi certains font-ils la grimace... Serait-ce une trace de... conflit ? Une marque de... défiance ? Assurément, il y a anguille sous roche. Aussi, dès que possible... il faudra chercher... enquêter, comme les autres, mais... d'une autre manière...


L'oreille du philosophe fut attirée par quelques notes de clavecins magistralement orchestrée par le cadet des Montforts.Famille qui était déjà en train de dire quelques bas mots à son égard et qui le pensait assez sourd. Mais l'homme préférait se consacrer à des choses bien plus utile comme l'Art et aussi, laissa t'il tout ce beau monde pour aller se diriger vers le clavecin tout en saluant le jeune homme. Il n'avait pas vraiment remarqué la jeune femme, sa curiosité trop emprise par cette musique des plus académiques et après avoir salué le noble musicien, il vint lui tenir ces quelques mots :

"Magnifique mélopée. Très académique. Je crois avoir reconnu vos influences, votre arrière grand-père serait fier de vous. Mais.. permettez moi l'audace de vous conseiller de sortir un brin de l'académie dans vos compositions et de vous essayer à quelques notes mineurs, rajouter un zeste de dièses et de bémols. Et essayez vous à faire cavaler les notes. J'ai entendu un homme honorable jouer de cette manière et j'ai trouvé que ca apportait beaucoup."

Le jeune homme acquiescant, toujours à l'écoute du savoir de ses pères, s'y essaya de suite sur le clavecin. Jouant quelque chose de bien moins académique. Au grand désarroi de son père qui laissa de côté ses mauvais mots dans le but de faire éclater une esclandre.

"Domiscius, contente toi de jouer ce que l'ont t'as appris. Je ne laisserais même pas mes chiens de cour à ce traitre, ce complotiste ! Ce qu'il essaie de te faire jouer ne sont que des mélopée révolutionnaires! La présence des Rougemonts au sein de cette cour me donne envie de vomir, bientôt, nous allons voir jaillir les sans-culottes de sous sa rédingote!"
Méléan n'étant pas du genre à se laisser faire, décida de répondre au fer par le fer en disant sur un ton un brin emporté mais maîtrisé :

"Ma présence en ces lieux ne vous regardent pas et votre stupidité ne vous permettra jamais de comprendre mes projets. Vous devriez être heureux qu'un loup décide de faire l'honneur à votre fils cadet de quelques riches enseignements. Votre lignée pourrie depuis qu'elle a été enchaînée à l'un des chenils du roi soleil, tel que Chambort. Dans cette salle, je vois beaucoup de chiens qui aboient par peur et qui seraient près à mordre pris par l'incompétence. Soyez heureux que quelques loups soient encore présent au sein de cette cour pour tenter de sauver vos misérables petites vies pendant que vous cherchez à tout faire sauf à sauvegarder les intérêts de notre chère majestée."

Et sur cette conclusion, il finit par se taire, interrompu par le cardinal lui-même qui dit d'une simple phrase plutôt sèche mais douce à l'encontre de l'homme masqué :

"Sauvegardez votre énergie pour la soirée, Sir de Rougemont."

Puis, il se dirigea près du noble montfort pour lui donner un magistral soufflet qui résonna dans le silence de la communauté rassemblée avant de dire :

"Charles de Montfort, veuillez reprendre votre clavecin je vous prie. Quand à vous, Sir de Montfort, sa majesté le roi vous conseille de garder votre langue sous votre bras. Vous faites honte à sa majesté."

Puis, il s'éloigna en disant :

"Chers convives, reprenez."

Le cardinal s'arrêta un instant au niveau de l'homme masqué en venant lui chuchoter :

"Je crains que votre masque ne soit plus vraiment utile. Venez demain à Versailles. Le Roi a besoin de vous."

Puis il disparu alors que les convives reprenaient leurs conversations. Méléan en profita pour retirer son masque et boire sa coupe d'une traite. Non sans faire un clin d'oeil au jeune cadet montfort.


Pénélope ne manque rien de la scène, qu'elle trouve toute aussi fascinante qu'alarmante. Ce n'est pas une bonne chose que de constater de telles tensions entre des acteurs dont l'influence et le grade, s'ils sont variables, ont de quoi en faire trembler plus d'un. La jeune fille se permettrait presque de prendre une mine pensive si cela ne l'affichait pas trop aux yeux de ses convives. Humble, légèrement penaude, pour mimer l'affectée et surtout, la personne incapable de tirer quoi que ce soit d'intelligent de la situation (une bête intimidée, en somme), la belle échange un regard avec ses partenaires, mais ne baisse en aucun cas les yeux... Maline, discrète, Pénélope analyse, de nouveau, et cherche à comprendre, à travers les joutes oculaires que se livrent les différents invités, qui est qui, qui veut quoi, qui est là pour quoi... Une enquête passionnante qu'il n'allait pas être évident de mener à la lumière du jour (et des autres). Mais, Pénélope aime le risque. Elle a toujours été quelque-peu téméraire, quelque-peu inarrêtable, d'une certaine façon, comme un mal qui ne se soigne pas. Alors, la jeune femme adresse une oeillade maline à ses comparses, et hausse légèrement les épaules, comme pour se faire pardonner devant cet élan naturel...

Alors qu'elle approche, ni vue ni connue, du fameux garçon, du "rebelle", du "complotiste", Pénélope jubile intérieurement, parce que sa méthode d'approche est déjà toute trouvée. Au moment où Méléan cherche une nouvelle coupe, la main de la dame passe, et vient alors le moment, la rencontre.

"Oh ! Pardonnez-moi. Prenez donc, je vois que vous avez grand soif."

Un petit sourire, tout tranquille, tout malin, qui veut dire "Bonjour" et "Tout va bien". Un éclat lucide aussi, dans les yeux. Et une nouvelle remarque, pour être certaine d'harponner correctement le garçon.

"Hmm, je me demande si ce masque était là pour vous protéger de la cour ou s'il s'agissait de protéger les autres de vous..."


L'homme était navré d'avoir eu à lever la voix ainsi. Il comptait rester discret en cette douce soirée et c'était bien peine perdu. Mais le regard solidaire de quelques compagnons ou amis le rassura assez pour qu'il reprenne où il en était. Jusqu'à... ce qu'une jeune femme aux bottines assez agile arrive à se glisser près de lui sans même qu'il ne s'en rende compte au point de le faire sursauter ! Et il fut heureux que son verre soit vide car un peu plus et le contenu de ce dernier se renversait sur cet attrayant décolleté si serré qu'elle arborait. Il prit la coupe et écarquilla les yeux un instant. Pas décidé à lui rendre sa main sans y apposer ses lèvres comme le voulait la bienséance lorsqu'il s'agissait de dire bonjour à une dame. Et après s'être incliné quelque peu, il lui rendit sa main en réfléchissant aux mots qu'elle venait de prononcer avant de répondre suite à un court lapse de temps de silence :

"Remarques pertinentes. Certains sueraient de leurs fronts nuits et jours pendant une lune complète afin de savoir vers où penche la balance. Y aurais-je été un brin trop fort ? Je suis persuadé que c'était mérité."

Puis, quelque chose le prit, comme si une bulle venait d'éclater aux plus profonds de ses souvenirs. En inspirant par le nez pour reprendre sa respiration, le parfum de la demoiselle taquina ses papilles assez fortement pour qu'il affiche un regard songeur l'obligeant à froncer les sourcils. Ouvrant une enquête lui aussi qu'il n'arrivait pas encore à élucider. La réponse à l'énigme était sur le bout de sa langue mais il était bien incapable de mettre la main dessus.
"Mais revenons à des choses plus terre à terre. Ce parfum.... je jurerais qu'il ai hanté ma plus tendre enfance."
Son regard était fixé sur les prunelles de la jeune femme et il essayait de redessiner son visage en la caressant du regard, ses yeux, ses sourcils, son nez, sa bouche, ses joues, sa mâchoire, son cou, ses oreilles et même sa chevelure et sa couleur.

"Et ces traits me rappellent deux personnes..."

Il fit silence et conclua par une question douce.

"Mais... Qui êtes-vous ?"


Pénélope se tourne un peu plus en direction du bellâtre, l'air bienveillant, et interloqué. Qu'est-ce que raconte ce garçon ? Joue-t-il la comédie ? Essaye-t-il de faire du charme ? Dans tous les cas, et dupe ou pas, la combattante est un petit instant perdue dans son esprit, comme si le monsieur venait de lui transmettre sa confusion, et que tous deux étaient maintenant reliés par une sorte de lien invisible... Ou alors, ce fil existait, depuis des années, et Pénélope était simplement incapable de le percevoir... Quelle fantaisie absurde. Elle revint au centre de l'histoire, imperturbable en apparence, pour faire remarquer à l'homme vaillant les éléments suivants... avec une mine légèrement joviale, rassurante. Qui pense-t-elle convaincre avec cela... Son camarade, ou elle-même... Les deux, peut-être...

"Je suis Pénélope Martin, fille du Capitaine Armand Martin, si cela vous dit quelque chose... Quant à vous... Il faudra plus qu'une impression pour que je puisse vous aider. Je vous avoue manquer ici cruellement d'imagination..."

A ces mots, la jeune femme affiche un sourire plus marqué, comme une invitation à la discussion. A défaut de déjà se connaître, pourquoi pas s'approcher...


Méléan aurait aimé faire du charme à une si ravissante jeune femme, surtout par le fait que ses formes forgées par l'épée et l'escrime lui tapaient dans l'oeil, mais il était bien trop confus par les bribes de souvenirs pour s'attarder maintenant sur ce genre de détails. Mais une chose était certaine, il n'avait rien contre le rapprochement surtout maintenant qu'elle lui révélait son identité. Même si cette révélation ne faisait que concluer ce que cette douce voix féminine et rassurante ne cessait de lui confier depuis maintenant quelques minutes. Aussi, comme pour s'en assurer, il pencha le nez près du cou de la jeune femme pour inspirer en fermant les yeux avant de lui chuchoter :

"Vous avez le parfum de votre mère."

Puis d'éloigner son visage dans une gestuelle de la tête d'affirmation pour continuer à voix haute :

"Ainsi donc le Capitaine a une fille ? Je connais bien votre père. Et je me rappelle de votre mère plutôt bien, elle était très gentille avec moi... mais... c'était, il y a bien longtemps."
Il regarda les convives puis revint sur la jeune femme en lui disant :

"Pour ma part, je ne sais pas s'il est encore utile que je me présente. Mon nom étant déjà sur toutes les bouches. Mais soit. Méléan de Rougemont. Fils de Francois de Rougemont. Une vieille famille issue de la noblesse d'épée. Je crois me rappeler qu'il a croisé votre père sur quelques campagnes militaires."
Il termina en mimant de sa canne quelques coups d'escrime bien maladroit pour imager les vieilles guerres des décennies précédentes. Ses gestes montrent clairement qu'il n'a aucune compétence dans les métiers de la guerre ou l'escrime. Si ce n'est sur les planches d'une farce théâtrale.


Pénélope reste fière et droite, même si elle se permet un léger mouvement de recul, à peine dicible. Pendant que Méléan inspecte, parle et s'agite, la jeune femme note ses mimiques, sa gestuelle, ses mouvements, mais aussi ceux des autres, aux alentours, qui observent la scène avec un certain intérêt... parfois malsain, la dame le sait, et sa langue vient claquer un tout petit instant contre son palais. Ses yeux reviennent sur Méléan pour le transpercer gentiment, alors qu'elle répond tout en restant stoïque.

"Certes oui. Mais, de grâce, reposez votre canne : ne donnez pas de l'eau au moulin de ceux qui cherchent à vous nuire... et puis, vous risqueriez de blesser quelqu'un, avec vos fouettés et vos estocs... Je veux dire, je vous ai bien compris. Et maintenant que vous le dites... Les Rougemont ne me sont pas étrangers... Mais..."

Pénélope se tient un instant le menton, dans un mouvement pensif et nerveux, auquel elle met rapidement fin lorqu'elle se rappelle qu'elle et son compagnon sont épiés. Elle a alors la réaction suivante.

"Votre visage ne me dit rien du tout. Il ne fait pas écho à mon passé, j'entends. Cela dit, dites-moi si nous pourrions nous revoir dans un lieu plus propice à ces révélations. Ici, les murs ont des oreilles, et je préfère les aigles solitaires aux parures de vautours..."

Ce-faisant, la demoiselle adresse un regard aussi menaçant que malin à une des figures indiscrètes, laquelle bat en retraite avec une fausse attitude innocente. C'est aussi bien un moyen de faire cesser ce jeu de dupe que d'avertir Méléan à propos de leur situation...


L'homme n'est point un escrimeur et ne possède pas non plus un bras fort. Mais son intelligence est aiguisée. Aussi, même s'il ne prête pas attentions aux gestes, mouvements et regards de Pénélope qui tente de le disséquer et éloigner les éventuels espions, il comprends quelques sous-entendus dans les mots qu'elle lui adresse. Et c'est pour cela qu'il s’exécute, reposant sa canne contre le sol et finit par lui répondre, penchant la tête pour lui répondre, par chuchotements :

"Nous revoir ? Ce serait avec joie. Mais je pense qu'il n'est pas encore temps pour nous, de nous séparer. Il est certain que les murs ont des oreilles et c'est pour cela que je vous propose que nous nous dirigions à l'écart."

Attrapant son bras au-dessus du coude, pour l'inviter à prendre son bras, il commença à la guider vers l'une des sorties de la pièce en continuant sur le ton du chuchotement :
"Il y a des confidences que ces oreilles ne peuvent pas entendre. Allons dans l'une de ces innombrables pièces. Hantez mes genoux de votre séant et chuchotons. Ces oreilles auront bien du mal à trouver une raison de se retrouver dans la même pièce que deux jeunes amoureux."

Il prit une pause et conclua par une question :

"Cela vous plairait-il que de jouer ce rôle à mes côtés?"


Pénélope accepte bien volontiers la proposition de son partenaire, et quitte ainsi la salle avec dignité (et un compagnon, hé hé). Droite et mesurée, la jeune femme prête une oreille attentive aux propos de Monsieur de Rougemont, et jette également quelques regards discrets aux alentours, soucieuse de son environnement et des divers rapaces qui le peuplent. Une fois seule avec Méléan, l'escrimeuse devra faire un effort de retenue pour ne pas rougir ni se montrer trop embarrassée face à la proposition de son camarade.

"Toutes mes confuses, mais je ne vois pas où vous voulez en venir... Je veux dire, n'y prenez pas ombrage, mais je préfère m'installer à vos côtés plutôt qu'écraser vos jambes de mon poids. Ce n'est pas très bon pour la circulation du sang... Mais je sens quelques subterfuges dans l'histoire que vous me comptez, alors, je vous en prie, dites m'en plus, j'aime bien les belles histoires."

Maline et faussement innocente, la fille Martin s'amuse quelque-peu de Méléan, même s'il s'agit plutôt de montrer qu'elle le voit venir et qu'elle partage une partie de ses pensées. Cela dit, la guerrière semble attendre plus de précisions, en raison d'un besoin de clarification issu d'une certaine rigueur de l'esprit. Sans doute un de ses traits de caractère que son éducation a renforcé.


Il ne savait pas si il était étonné ou non de sa réponse. C'est qu'il n'était pas de ces gens manquant d'intelligence. Mais il balaie cette réaction du revers de la main car ce qui l'intéresse vraiment est de savoir si elle est sérieuse ou non. Sans compter qu'il essaie de percer le mystère que cette jeune femme essaie de cacher avec ses airs d'innocence. Aussi, lève t'il les yeux au plafond, mimant réflexion avant de répondre :

"Je maintiens que ma stratégie était meilleure. Mais l'action n'est pas vraiment mon domaine, encore moins la discrétion. Vous avez l'air de mieux savoir y faire avec ces choses. Je vais donc vous faire confiance. Quand à mes jambes, je sais, je peux paraître faible ou vulnérable, mais je pense sincèrement que je peux survivre le poids d'une femme l'espace de quelques instants. A moins que ces belles histoires durent toute la nuit mais j'imagine qu'à ce moment là, nous serons déjà loin. Donc. Ne vous attardez pas sur ce genre de détails, je vous prie. Un homme se doit de savoir soutenir une femme."

Il finit par se taire, le temps de s'asseoir, avant de finir :

"Asseyez vous, où vous voulez. Je vais tout vous chuchoter."


Pénélope s'exécute alors et vient s'installer sur la pierre, proche, toute proche du garçon, qu'elle n'estime pas connaître suffisamment pour se permettre plus de proximité avec lui (la jeune fille estime déjà qu'elle en fait beaucoup pour un homme qu'elle connaît bien peu). Cela dit, l'escrimeuse se montre affable, mais pas relâchée, toujours mesurée dans son attitude, mais pas rigide. Elle agit avec une forme de noblesse et de souplesse, égaye sa stature par un sourire complice, et plonge ses yeux bienveillants dans ceux du fameux Méléan de Rougemont.

"Allez-y. Chuchotez donc... Je suis toute ouïe."





Révélant sa gorge en inclinant la tête en arrière, il se tourna vers elle pour venir chuchoter à son oreille en disant d'une voix calme et limpide :

"Je fais partie de cette assemblée de révolutionnaire. Oui, un noble au milieu d'une fourmilière. Je défends les intérêts du roi car je crois dur comme fer qu'une monarchie est nécessaire afin que ces contrées ne pourrissent pas. J'essaie tant bien que mal de persuader ces gens d'instaurer une monarchie constitutionnel. Et pour le moment, ca ne peut qu'être en bonne voie car ces gens ont encore un certain respect pour le roi."

Il prit une pause afin de rassembler ses idées pour pouvoir illustrer ses derniers propos à l'aide d'un exemple :

"Imaginons que vienne l'idée de tuer le roi. Et prions pour que cela n'arrive jamais. Je suis certain que vous pourriez entendre chuchoter dans tous les couloirs du royaume de france : 'Vous êtes sérieux... ho noon, c'est le roi tout de même.'. Je pense sincérement que les gens ne sont pas satisfait du gouvernement actuel mais qu'ils ne sont pas prêt à se séparer du roi. Ils sont juste affamés et désespérés. Et nous devons leur venir en aide. C'est notre devoir de les protéger."
Sur ces mots, il finit par se taire et attendit qu'elle digère cela. Car peut être qu'elle avait des choses à y redire. Et il ne comptait pas continuer sans son accord.


Alors qu'elle écoute avec attention le garçon, Pénélope se demande l'espace d'un instant ce qui l'a amenée à se retrouver dans une telle situation, et cela l'amuse. Cela ne la départ cependant pas de son sérieux et de son implication, aussi elle veille à bien saisir tout le sens des propos de son camarade. Elle hoche gravement la tête pour témoigner de son empathie pour le combat de son collègue, et finalement, elle lui répond. Ses yeux pétillants viennent de nouveau titiller ceux de Méléan, comme si, en dépit de la quelque immobilité des deux corps, un dialogue puissant d'âme-à-âme était en train de s'établir. L'intonation de Pénélope vient trahir aussi cette idée, quand bien même elle présente les faits de façon plutôt pragmatique.

"Un devoir qui vous honore... Vous me présentez-là des faits à la fois inquiétants et fascinants, et je sens votre passion s'emparer d'une partie de mon coeur... Mais dans ce cas, quel est votre plan d'action ?"

Elle est sincère et menteuse à la fois. Elle aime les bonnes histoires, et même si elles sont impossibles, l'escrimeuse cherche à voir comment accorder les idées avec la réalité. Alors, elle attend de voir ce que monsieur de Rougemont lui réserve, oui... elle est bien curieuse à propos de ce garçon.


Et qu'est ce qu'il commençait à aimer ces prunelles qui s'accrochaient aux siennes. Et il se disait qu'il prenait d'énormes risques à l'instant présent. Que cette ravissante jeune femme était peut être l'avocat de l'opposition à son combat et qu'elle avait toutes les cartes en main pour l'effacer de l'histoire. Méléan se pensait imbécile. Il venait de tout raconter à une femme au joli décolleté et qu'il ne connaissait que de vagues souvenirs d'enfance. N'importe qui aurait pu se faire passer pour Pénélope et peut être, le joli minois qui se présentait devant lui, n'était qu'un leurre et sous le masque se cachait peut être un assassin.

Aussi, pris d'une vague de paranoïa, il termina son histoire, persuadé qu'il allait mourir de toute manière :

"Le plus compliqué est qu'il me faut convaincre les deux parties, car la noblesse agît aussi follement que ces révolutionnaires. Elle se mène elle même à sa perte. Mon plan d'action est de convaincre la noblesse et ces républicains qu'il faut sauver le roi. Mais ce n'est pas quelque chose qu'on peut gagner par la force. Il faut parler et bien parler."
Il continua dans un sage chuchot pour en venir où sa paranoïa allait l'emmener :

"Mais le danger est partout. Je dois paraître très insouciant alors que ma vie est sûrement en danger. Ici, à la cour, dans la rue, chez moi, chez mes amis et fréquentations. Aux assemblées républicaines, partout. Assassina, trahison, espionnage, mise en scène, accusations, orgies de preuves. Bien des gens doivent vouloir me faire taire, me faire disparaître."
Puis il finit la fixant d'un regard voulant sonder son âme en disant :

"Je suis bien stupide de tout chuchoter à quelqu'un qui ne vit que dans mes souvenirs. Vous me dites que je suis l'homme dont la main est en train de s'accaparer votre coeur, par ma passion, mes actions, mes mots. Même si je vous fais confiance et que j'ai envie d'y croire, ma plus grande peur est de m'être fourvoyé dans un piège. Rien ne me prouve votre sincérité, même si elle est vraie. Et maintenant que nous sommes à l'écart, que vous savez tout, j'imagine que je vais mourir discrètement. Tué par une femme se faisant passer pour Pénélope. La fille des Martin qu'on a vu partir à mon bras. Je dois dire qu'il s'agit là d'un merveilleux coup monté. Ca anéantira à la fois mon nom et celui de Pénélope. Et renforcera celui de mes plus féroces opposants. Félicitations."

Et sur ces mots, il arrêta de chuchoter, ouvrant son gilet blanc pour en écarter les pans afin de permettre à la jeune femme de le poignarder.


Pénélope n'ose rien dire pour ne pas perturber le garçon dans son emportement passionné. Elle le regarde s'animer, comme possédé par un démon. Dieu, d'où tire-t-il toute cette énergie... Et il continue, continue, sans jamais s'arrêter. Pour quelqu'un d'aussi svelte, il n'empêche qu'il avait du coffre. L'escrimeuse réalisait peu-à-peu l'ampleur avec laquelle son camarade parvenait à dérouler le fil de sa pensée dans un flot de paroles imagées et vivaces, mais alors qu'elle s'attardait sur certains détails techniques de son discours, voilà qu'elle l'entend partir dans un étrange délire, face auquel elle reste mesurée, et n'affiche ainsi pas en réponse des yeux ronds. Elle se contente de faire l'observatrice, et d'attendre que passe la tempête. Enfin, une fois que Méléan s'est lancé dans un spectacle d'une rare grandiloquence (pour ne pas dire granguignolesque), Pénélope, en réponse, reste droite et interdite, pour qu'un instant de malaise s'installe. Droite, fermée, le regard fuyant, presque gêné, de façon à peine appuyée pour être sûre de bien s'être fait comprendre, l'escrimeuse finit par planter de nouveaux ses iris dans ceux du martyr révolutionnaire, et lui assène une pique afin de désamorcer la situation. Elle se penche vers lui, sur le ton de la confidence, avec une voix de miel, comme pour l'infantiliser et plaisanter.

"Vous savez, si vous vouliez me montrer d'une quelconque façon que vous étiez joli garçon, je vous remercie, mais je l'avais déjà remarqué..."

Là-dessus, Pénélope se redresse, et guette la réaction de son partenaire, les commissures de ses lèvres fendues dans un petit sourire complice et coquin, pour bien indiquer à son camarade qu'il n'y a absolument aucune raison de s'inquiéter.


L'homme politique était dérouté par sa réponse, lui qui s'attendait à une réponse binaire n'avait pas envisagé une réponse hors de propos. Même s'il avait compris que cette réponse servait à désamorcer la situation, il n'avait pas imaginé une seule seconde qu'elle se soit approché de lui par intérêt personnel, il avait été persuadé que cette approche avait le goût d'intérêts d'affaires qu'ils soient pour le soutenir ou pour le détruire. Et son petit sourire espiègle fut une baume plaisante qu'il apprécia et qu'il trouva bon accompagnateur de cette pique dédramatisante qu'elle venait de lui faire. Aussi répondit-il en lâchant les pans de son gilet :

- Je... vous trouve ravissante aussi mais là n'était pas la question.

Puis, il soupira, secoua le crâne et laissa retomber ses mains sur ses cuisses en disant :

- Je pense que je lis trop Racine, je vois des complots à tous les coins de rue. Il y en a sûrement, je ne suis pas non plus naïf, ce monde est dangereux et ma position l'est encore plus. J'ai des ennemis ici et là. Mais vous avez raison. Comment puis-je douter une seule seconde de la sincérité de ces merveilleuses iris ? Je suis bien mauvais cavalier à vous embêter avec ces histoires alors que je devrais vous emmener faire quelques virevoltements. Allons danser. Nous devrions rejoindre les convives.

Sur ces mots, il se leva et proposa sa main à Pénélope pour l'emmener dans la salle principale où de la musique était jouée.


Pénélope sourit et se sent un peu plus détendue : il faut dire que la tension dramatique imposée par Méléan avait de quoi susciter bien des tracas. Déjà qu'être au courant de toutes ces affaires pouvait donner froid dans le dos si l'on avait tendance à craindre l'avenir... Mais ce n'était pas le cas de l'escrimeuse, qui se releva d'un bond agile pour rejoindre le garçon, dont elle avait attrapé les doigts avant de s'enrouler autour de son bras. Les voilà repartis pour l'aventure mondaine, ce que Pénélope souligne avec un sourire avenant, pour témoigner du fait qu'elle est loin d'être démontée par les révélations et que si difficultés il y a, la guerrière est bien décidée à surmonter ces obstacles. Même si cela suppose qu'elle fait du cas de Monsieur de Rougemont le sien, ce qui serait sans doute aller un peu trop vite en besogne...

"Allons-y, montrons-leur que nous n'avons ni à craindre leurs idées ni leur déhanché. Vos histoires ont quelque chose de diablement excitant, mais il faut ajouter au danger un peu de plaisir et de passion, c'est une question d'équilibre."

Pénélope joint à ses derniers mots un clin d’œil complice à l'attention de Méléan, et se prépare à se lancer avec lui sur la piste de danse, sans sembler affectée par les regards à côté. Son entrain forme une sorte d'aura, de bulle, qui la protège du monde extérieur, mais qui s'avère être contagieuse...


L'homme politique tiqua à sa remarque, il ne savait pas trop ce que sa seconde phrase sous-entendait, ni si elle lui faisait une proposition informelle. Et la suite n'allait nullement arranger les choses car il allait devoir mener une dame dans une valse. Et dignement, car ce n'était pas n'importe qui. Il ne pouvait pas perdre pieds face au jeu de séduction qui commençait à s'installer. Il posa donc une main solide sur la taille de sa cavalière et proposa sa paume pour qu'elle pose son autre main dans la sienne. Ce qui lui rappela combien il avait aimé le contact et la prise de ses doigts autour des siens et qu'il était heureux de retrouver quelque chose d'un peu plus tactile avec elle. Et c'est emmené par les mots de Pénélope qu'il lui répondit à l'oreille :

"Laissons danser les confidences. Danger, Excitation, Plaisir et Passion. Des adjectifs intimement liés à des affaires sociales, tel que l'Amour, l'Affection ou l'Aventure.. Créant un odieu dilemne quand il est question de choisir laquelle je désire vivre à vos côtés. Mais bref, équilibrons tout ça et essayons de garder l'équilibre. Il serait dommage qu'un vacillement nous sépare."

Et c'est sur ces mots qu'il commença à l'emmener dans la danse. Essayant de rester droit comme on lui avait appris à danser. D'offrir un soutien comme il l'aurait offert à la chose la plus chère au monde à ses yeux. Plongeant son regard dans ces iris qu'il semblait connaître depuis des siècles. Appréciant cette grâce combattante qui rendait leur échange si délicieux. Se laissant emporter par ce parfum féminin exquis qui venait titiller la passion dans ses yeux masculin.


Pénélope se met en place correctement, attentive à l'attitude de Méléan. Celui-ci l'entraîne avec un certain soin dans la danse, une rigueur motivée par autre chose qu'une froideur de l'esprit : plutôt une force intense, qui pulse et qui vit, et qui recherche la qualité afin d'entretenir l'échange. L'escrimeuse ressent cela, et elle est flattée par les efforts du garçon. Elle lui rend donc la pareille avec plaisir et application. Elle mobilise son savoir-faire, assure dynamisme et mesure dans sa démarche, cherche à interagir le plus possible avec son partenaire, dans une tempête, un typhon d'attentions. Puissante, intense, mais cadrée, Pénélope extrait toute l'énergie, électrique et délicieuse, de ce moment qu'elle partage avec ce drôle d'inconnu. Sa mine n'affiche pas d'affabilité, ce qui serait inapproprié. Elle est concentrée, sérieuse, mais pas sévère. Et plutôt que parer ses lèvres d'un grand sourire béat et un peu bête, l'escrimeuse préfère laisser l'éclat de ses yeux parler pour elle, affirmée et fascinée à la fois par le lien qui se tisse peu-à-peu entre elle et monsieur de Rougemont. Et c'est dans ce schéma que se déroule leur danse...

Avatar de l’utilisateur
Conscience universelle
Administrateur du site
Messages : 99

Re: Intrigue, Jupons & Duellisme

Message#2 » 14 Mars 2018, 19:18


Méléan apprécie vraiment cette danse, il ressent une grande agilité dans les gestes dansants de sa cavalière. Et sa volonté affirmée de répondre à ses efforts par d'autres efforts rends la situation excitante. Cet échange délicieux va pourtant avoir une fin. Car, alors que la musique ne s'arrête pas, ni la danse, les dames changent de cavaliers. Comme s'ils étaient subtilisés par d'autres. Alors que les liens chauds et parfumés ce brisent, son regard profond tente de rester accroché dans celui de sa cavalière. Comme s'il avait peur de ne plus jamais la revoir. Lui qui maintenant a une autre cavalière entre les bras. Luttant pour ne pas perdre de vue Pénélope tout en essayant d'offrir un soutien et une danse correcte à sa nouvelle partenaire. Son visage tente de s'accrocher à celui de Pénélope à mesure qu'il tournoie. Mais bientôt la foule dansante rompt définitivement le lien visuel et perdu au milieu de cet océan, l'homme politique détourne finalement le visage.

Il regarde sa nouvelle cavalière et ressent profondément le contraste entre l'énergie et le délice du lien crée précédemment. Et l'amertume de bras inconnus qui crée une sensation de manque à mesure que le temps passe. La musique finit par s'arrêter. Il escorte sa cavalière à ses désirs puis tente tant bien que mal de retrouver Pénélope dans la foule après avoir pris congé de la dame.


Pénélope participe à la danse et à l’événement dans sa globalité avec une puissante passion. C'est presque du fanatisme : concentrée, soucieuse d'appliquer correctement les méthodes qu'on lui a enseignées, la jeune femme substitue son individualité au grand tout que forme la Cour, et qui est bercé par la musique. Elle s'exécute scrupuleusement, en cohésion avec les autres et avec elle-même. Cependant, au fur et à mesure que le rituel s'accomplit, des nuances se font remarquer. En effet la guerrière s'avère bien plus sérieuse dans sa tâche une fois qu'elle n'a plus Méléan auprès de son bras. C'est comme une carapace, une façon de relativiser pour ne pas s'inquiéter. Se focaliser sur l'expression de son savoir-faire permet de repousser dans un petit coin de la tête l'impatience qui ronge la combattante.

Et puis finalement tout cela cesse. Pénélope est heureuse, car elle a plutôt apprécié sa performance, mais quelque part elle s'en veut de ne pas avoir suffisamment savouré l'instant présent. Elle s'en veut parce que c'est tout de même un peu léger de se déboussoler autant juste parce qu'elle pense à un garçon.

Lorsqu'elle le croise de nouveau, l'escrimeuse ment presque à elle-même car elle réagit avec sympathie, mais aussi une espèce de flegme forcé, très discret, mais qui manifeste un léger détachement, un puissant calme et un certain contrôle de soi-même. C'est pour éviter de paraître embarrassée, surtout qu'il y a du monde autour. De toute façon, au moment de prendre la parole, le sourire complice et beaucoup trop amusé de la guerrière achève de la faire totalement se trahir : elle avait hâte de retrouver la compagnie de Méléan.

"Belle danse... Nous nous sommes bien amusés, mais c'est passé si vite..."


"Trop vite !" Répondit-il en attrapant le bout des doigts de ses deux mains pour les réunir entre eux, à hauteur de buste. Avant de poser son regard et de lui demander de manière sincère dans un chuchotement à l'oreille :

"Et c'est pour ca que j'aimerais beaucoup vous proposer de continuer cette nuit en ma compagnie, d'abord lors d'une ballade à travers la ville et qui finira par une douce soirée dans mes appartements. Est-ce que cela vous plairez ?"

Une chose était certaine, ce vide crée était partagé. Et même si cette soirée allait bientôt se terminer, il n'était pas d'humeur à repartir seul chez lui, ni à laisser des regrets accabler son cœur. Une chose était certaines, si ils partaient bras dessus, bras dessous, cela ferait des histoires à la cour. Mais la flamme de l'Homme ne voulait pas y prêter attention. Méléan écoutant plus son cœur que son esprit à l'instant présent. Et son cœur lui disait : Embrasse-là. En faisant fit du fait qu'il y ai du monde et que ca allait en faire parler plus d'un. Heureusement pour lui, son esprit arrivait tout de même à retenir cette pulsion insistante. Mais une chose était certaine, le cœur n'hésitera pas à revenir à la charge plus tard, quand l'esprit sera moins enclin à la surveillance.


Pénélope a les yeux qui s'agrandissent un tout petit instant lorsqu'elle entend la proposition de son amant... euh, de son ami, qui la prend plutôt au dépourvu. Non pas que la jeune femme ne suspectait rien entre elle et le jeune noble, mais il lui semble qu'il y a un gouffre entre les faits et les pensées, et que lorsque ce-dernier est soudainement traversé, cela a l'effet d'une charge en pleine visage. Ceci dit, la guerrière récupère bien vite du choc -était-il seulement possible de remarquer sa confusion tant celle-ci fut étouffée bien vite ? C'est ainsi que la combattante décida d'avoir un geste à la fois diplomate et cavalier : elle tendait le bras pour poser sa main sur le torse de Méléan, de façon à avoir son cœur dans sa paume mais aussi, de façon à pouvoir élargir la distance entre eux si cela était possible ou pire encore, nécessaire. A la fois tendre et farouche dans sa gestuelle, elle répondait au garçon, tout en ayant la sensation d'avoir l'organe du jeune homme entre les mains, tant celui-ci pulsait avec vigueur, comme si le contact avec la bretteuse l'avait rendu fou.

"Tenez-vous bien à votre canne, c'est à croire que vous allez faire un malaise. Je ne voudrais pas que mon accord vous fasse tomber par terre... En revanche, il faudra prendre bien soin de moi et s'assurer à ce que je ne manque de rien, et je vous préviens, là-dessus je peux être intraitable !"

C'est avec un rire que Pénélope termine sa phrase, joviale et complice avec Méléan, même si elle se garde bien de lui sauter dans les bras ou de montrer de plus grandes marques d'affection. L'escrimeuse semble sensible à une certaine étiquette, une retenue, une vertu et une noblesse que ne partagent peut-être pas tous ses convives, mais qui pour elle a de la valeur, aussi elle ne compte pas revenir ainsi sur ces importants codes de conduite qui l'ont aidée à devenir la fière et digne guerrière qu'elle est aujourd'hui.


Bien sûr qu’il avait le cœur qui battait la chamade. Rare étaient les femmes qu’il emmenait en ballade. Il n’en était pas à sa première, mais cette fois-ci, cela n’avait rien à voir avec une courtisane. Et sentir cette main étrangère, féminine qui plus est, étroitement liée à lui, venir se poser contre son cœur, déclencha un galop des plus vibrant. Bon dieu qu’il avait de la tension dans la nuque. Et pourtant, tout cela n’était rien, il n’était pas au bout de ses surprises.

Bon dieu qu’il se souviendrait de cette réplique. Cette femme venait de lui donner une estoc en plein cœur. Ca avait le don d’être emplie d’originalité et d’érotisme. L’obligeant à remettre le baiser à plus tard, car légèrement décontenancé par le flegme de la jeune femme. Lui qui pensait tirer le plus fort, venait de se ramasser un bon coup de canon dans la figure.

Il posa sa main sur celle qui était posée sur son cœur et en attrapa le poignet avec délicatesse avant de l’emmener à l’extérieur, amenant son bras pour qu’il soit roulé autour du sien. Et venir lui chuchoter :

« J’aurais presque envie de vous affamer pour goûter à votre intraitabilité. Illustrez moi donc, le temps de cette ballade. Que je puisse savoir à quel bois je me chauffe. »

Et sur ces mots, il entama cette marche au beau milieu de paris pour l’emmener vers ses appartements qui étaient à quelques rues d’ici.


Pénélope rit à la réponse de Méléan et darde alors vers lui un regard luisant et entendu. Sans que son attitude ne puisse trahir quoi que ce soit, elle réplique dare-dare, prise par le goût du risque et du jeu.

"Tout dépend quel est l'appétit que vous cherchez à éveiller en moi..."

Puis, reprenant sur un ton plus badin, comme si de rien n'était, la guerrière enchaîne avec un grand sourire, taquine et affirmée, soucieuse de leur promenade, mais aussi des quelques répliques que les deux ne cessent de s'échanger.

"Pour votre gouverne, sachez qu'en tant que fille de Général, je suis formée à l'affrontement, fusse-t-il mortel, et que j'ai des épaules que bien des hommes n'ont pas pris la peine de se forger. Je peux être votre garde si bon me semble mais aussi votre bourreau si l'envie m'y prenait ! Et je peux être très rancunière avec ceux qui me trompent ou me déçoivent : ma rectitude a ceci de problématique qu'elle a le fil d'une lame !"

Amusée, Pénélope explore le chemin que lui fait découvrir Méléan, vibrante d'émotion mais cependant peu pressée. Elle savoure l'instant, joue un peu avec les mots, cherche à voir quel homme est véritablement ce Monsieur de Rougemont, maintenant que l'atmosphère autour d'eux les rend de plus en plus libre de réaliser tous leurs vœux.


Méléan n’était pas plus pressé qu’elle de rentrer. Il avait au bras la plus agréable des femmes avec qui il avait pu converser. Aussi, voulait-il, savourer ce moment. Et sa première réponse était des plus agréables :
« Vos meilleurs appétit, ma chère Pénélope. J’aime quand le jeu est pimenté et qu’il y a un brin d’épices. Je n’ai point peur d’un arrêt du cœur. »

Puis il réfléchit à l’idée qu’elle était une guerrière, à la fois garde du corps et bourreau et se disait qu’il allait se faire ramasser à la petite cuillière. Posant son autre main sur l’avant-bras enroulé, il lui dit :
« Une guerrière et un homme de loi. Je vous préviens, je n’ai pas vos activités physiques. Je risque d’avoir des courbatures. Mais cela ne doit pas vous restreindre. Si vous avez le désir de quelques passes musclées, faites vous plaisir. J’essaierais de ne point trop vous fâcher. Juste un peu. Histoire de voir ce qui se cache dans vos tripes. Quant à ma rectitude, ce n’est point encore l’heure. »

Finit-il en souriant. S’arrêtant au détour d’un coin de rue pour la rapprocher de lui. Bras dessus, bras dessous, il posa sa main opposé sur la joue opposé à sa cavalière avec tendresse et attira sa tête près de la sienne pour pouvoir coller sa joue contre sa chevelure le temps d’un baiser dans ses cheveux avant de reprendre la route et ne laisser pour attache que leurs deux bras enlacés.


Pénélope écoute avec attention les propos du garçon, jamais vraiment lassée de ce comportement à la fois batailleur et précieux qu'a Méléan. Il semble si fragile et à la fois si sûr de lui, à la fois ridicule et héroïque... Pendant un instant, cela l'hypnotise, si bien que la bretteuse ne voit pas les choses venir et le temps qu'elle se reprenne, les lèvres de Monsieur de Rougemont se trouvent déjà pressées contre sa peau. Pénélope en a un frisson, de plaisir ou d'appréhension, elle ne sait pas trop. En tout cas, elle se sent prise de court et elle n'aime pas ça. Elle avait été distraite et ce n'était pas une bonne chose. Les assassins savent tirer partie de cette confusion, afin de frapper et d'enfoncer leur poignard... Quand le garçon se retire, la guerrière prend conscience de l'environnement, de la lumière, et secoue un petit instant sa tête, comme sortie d'un mauvais rêve. Elle récupère alors la situation comme elle le peut, rassurée par le fait que personne ne les a vus.

"Euh, oui, c'est ça, ce n'est point encore l'heure. Alors, qu'avez-vous à me faire découvrir ? Je ne connais pas très bien cette partie de la ville..."

Alors qu'elle parle, Pénélope réarrange ses cheveux, avec soin, comme pour chasser l'éventuelle marque laissée par Méléan, aussi ténue et imaginaire soit-elle.


Il écouta sa requête, faisant fit de sa réaction suite à cette tendresse passagère et armé de sa canne, il l’emmena ici et là pour lui faire découvrir bien des choses. Des richesses que ce quartier avait à cacher. Il s’agissait d’un quartier bourgeois, donc, de classe moyenne. Rien à voir avec un quartier riche, il possédait ses petits espaces arrangés pour les rendre artistiquement naturels et permettre aux gens de pouvoir s’évader de la ville. Puis, vu qu’elle était soi-disante guerrière. Il eu envie de lui montrer une vitrine, bien que fermée à cette heure ci, il s’agissait d’une sorte de musée de l’époque. Un musée à propos d’armes anciennes, de la simple épée à la maquette de frégate et sa batterie de mats, de voiles et de canons. Mais tout était fermé à cette heure ci, alors il se dit qu’il y emmenerait un autre jour.

Melean n’était point pressé. Il avait mille choses à montrer à cette jeune femme. Mille choses à partager avec elle. Il voulait profiter de ce moment paisible et privé à ses côtés. De cette proximité affective, agréable et entêtante. C’était pour lui comme voguer sur un nuage en bonne compagnie. Et il trouvait la ballade fort distrayante et frissonnante. Si bien qu’il ne vit pas l’heure passer et qu’au bout d’un moment, il avait perdu toute notion de temporalité et n’avait point d’horloge où jeter un œil. Mais il n’en avait cure. L’aube serait le seul témoin que la nuit en compagnie de Pénélope soit quelque chose de terminé.


Pénélope retrouve progressivement son aisance et bientôt elle est transportée par le voyage qu'elle fait aux côtés de Méléan. Ce n'est pas extrême, ce n'est pas la révélation, mais c'est simple et de bon goût. Ça a quelque chose d'authentique, d'humble et de puissant. Un peu tout ce qui plaît à la bretteuse, et elle le fait bien savoir. Lorsqu'elle est devant le musée, la guerrière se sent comme une gamine, à faire du lèche-vitrine devant une sucrerie ou une maison de jouets. C'est drôle, et ça lui fait plaisir. Elle se sent pétiller d'impatience et d'énergie, et elle mémorise le chemin pour plus tard. La soirée se passe, se consume peu-à-peu comme une bougie, et s'il est difficile d'estimer précisément l'heure qu'il est (qu'importe le moment de la journée, si celui-ci est délicieux), d'autres priorités viennent rappeler un instant la jeune femme à la réalité. Enfin, cela ne vient en rien perturber sa promenade avec Monsieur de Rougemont, bien au contraire. Elle s'adresse ainsi à lui avec un sourire malin.

"Je ne sais pas vous mais je commence à avoir l'estomac qui gargouille..."


Méléan est heureux de voir au combien elle apprécia l’itinéraire de la ballade, surtout le musée. Et il se promit à lui-même de l’y remmener plus tard. Puis vint la question fatidique, elle avait faim. Aussi, s’arrêta t’il un instant, sa canne percutant l’un des nombreux pavés dans un bruit sourd et posa son regard sur elle avec une profonde réflexion :

« Préférez-vous manger à l’extérieur ou chez moi ? Sachant que ce ne sera pas moi qui cuisinerai dans les deux cas. »

Attendant la réponse, il réfléchissait. Il avait bien envie de l’emmener dans un restaurant. Mais, préférais vraiment profiter de ce repas en privé avec elle. Ca n’avait clairement pas la même saveur. Et son esprit était d’accord avec ses désirs sur ce coup-ci.


Pénélope regarde son compagnon avec des yeux qui pétillent doucement. Les propos de Méléan ont piqué sa curiosité (ou plutôt : accentuée celle que la jeune femme avait déjà) aussi la bretteuse décide de rebondir dessus, afin de montrer un certain intérêt pour un domaine qui dépasse celui de la simple nourriture. Elle se permet de dire ça avec amusement et douceur, charmeuse dans sa façon de faire, tendre surtout.

"Oh, ce serait un honneur de dîner chez vous ! Je vous avoue que je suis très curieuse de voir quels sont vos appartements, alors, si nous pouvions joindre l'utile à l'agréable..."

Dit-elle avec un regard entendu mais néanmoins discret, à la recherche de cette passion que l'escrimeuse avait vu naître plus tôt chez ce Monsieur de Rougemont.


Suite à sa réponse, son coeur se mis a battre la chamade lorsqu'elle lui annonça qu'elle préférait ses appartements. Pourtant, c'était prévu depuis un moment, ils en étaient même sur le chemin. Mais savoir que le moment fatidique approchait faisait perdre la verve naturelle chez cet homme. Lui qui l'utilisait pour enflammer l'assemblée républicaine.

"Alors il me faut satisfaire votre appétit vorace de curiosité et prendre soin de vous, tel que vous l'avez exigé. Nous y sommes presque."

Elle pouvait sentir cette tension sur son avant-bras, tension qu'il ne savait pas cacher. Il l'emmena, sa canne résonnant de gestes hasardeux contre le sol. Et s'arrêta devant une porte en bois nervurée qu'il frappa. Un serviteur vint ouvrir et Melean entraîna Pénélope à l’intérieur. L'homme de loi était tendu et nerveux. Et pestait intérieurement de l'être. Était-ce là la passion qui s'animait au fond de lui ? Avait-il peur de la décevoir ? Allait-elle aimer ses appartements ? Sa maison ? Tant de questions dont il ne tarderait pas de recevoir la réponse.

Il y avait une cour où attendait une voiture. Les chevaux étaient à l'étable. Et derrière une bâtisse crayeuse où trônait 5 ou 6 fenêtres par étages. Des lieres et des rosiers venaient agrémenter le tout.


Pénélope se laisse emporter par le cours des évènements et constate, tranquille et fascinée, une partie du monde de Méléan. Elle observe ce qu'il veut bien montrer de son patrimoine, l'architecture, la cour et les fleurs... Tout ceci lui donne envie de plus encore connaître ce Monsieur de Rougemont, un peu plus en profondeur...

Emerveillée comme une enfant, sans non plus être niaise, la bretteuse profite du spectacle et se laisse aller à sa curiosité, toute contente de visiter des lieux et de rencontrer du monde qu'elle ne connaît pas. Même si, sans le jeune homme dans l'équation, tout ceci perdait immédiatement de son piquant. C'est pourquoi la jeune femme le regarde de nouveau (avec appétit ?) et lui exprime son opinion avec un air ravi.

"C'est un bien bel endroit que vous avez là... Vous ne vous sentez pas seul dans ces grands murs ?"

Un sourire coquin vient éclairer la mine de Pénélope, laquelle se dit qu'elle doit faire un peu attention à sa faim, sa fatigue et ses besoins, car il serait dommage qu'elle en vienne à être moins subtile...


Il la laisse admirer ce qu'elle désire admirer et dit à un serviteur d'aller dire à la cuisinière et son marmiton de préparer à manger. Et de mettre la table. Puis, alors qu'elle revient vers lui avec un étrange regard. Il fronce les sourcils à sa question et réponds simplement :

"Vous êtes avec moi. Donc, je ne me sens pas seul. Venez."

Puis, il l'emmène à l'intérieur. Dans la salle principale. Un piano, une table, des chaises, un sofa, une table basse. Des tableaux accrochés au mur, sûrement ses parents. Et.... le père de Pénélope au-dessus d'un bouclier croisé de lances.

"Prenez vos aises. Ils vont amener le cidre."


Pénélope rit doucement et adresse un grand sourire à Méléan en guise de réponse, façon de dire qu'elle lui laisse la main pour ce coup. Bon point... Ses yeux curieux continuent de fureter à la recherche d'indices et de distraction. Ils s'attardent sur le piano avec intérêt, balayent les œuvres d'un regard critique mais bienveillant, puis remarquent le reste. L'escrimeuse se tourne alors en direction de Monsieur de Rougemont, l'air amusé et malin. C'est comme si elle avait percé chez le garçon un vieux secret.

"Vous ne plaisantiez vraiment pas quand vous disiez connaître mon père..."





"Cette maison m'a été léguée par mes parents. Ce n'est pas moi qui a fait la décoration. Les roses, le piano, ... "

Il lui tend une coupe de cidre que le serviteur vient d'apporter et l'invite à s'installer sur le sofa. Où il s'est déjà installé. Il croise les jambes et pose son avant-bras qui tient la coupe sur la cuisse croisée. Il la regarde, l'admire.







Pénélope écoute avec respect et attention l'histoire de Méléan, avant d'accepter le verre dans un hochement de tête reconnaissant. Sans hésiter, la bretteuse vient rejoindre son compagnon, assise à ses côtés, les jambes serrées mais sans tension, tournée de trois-quarts en direction de Monsieur de Rougemont. Elle trinque avec lui et boit un peu, jamais lassée de contempler ce nouvel environnement dans lequel elle se trouve. Quand elle revient porter son regard sur les figures peintes et les armoiries, l'escrimeuse est prise d'une petite mimique humble et rêveuse.

"Il faut croire que nous étions liés bien avant notre naissance. Tout ça pour se retrouver par le plus grand des hasards. C'est à croire qu'il y a quelque chose derrière tout cela !"

L’œil malin, Pénélope entretient la discussion, animée par une envie d'en savoir toujours plus sur Méléan. Sa façon de considérer le monde et les choses, si elle avait au départ eu quelque chose d'assez romanesque, ne semble pas exempte non plus d'une certaine réflexion, d'une certaine force intellectuelle que la jeune femme a envie de connaître. Les aventuriers penseurs, il faut dire que c'était plutôt son genre.

Revenir vers « Réaliste/Epoque »

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité

cron